Cela fait maintenant 43 jours que je suis en Polynésie Française et 36 jours aux Tuamotu.
J’ai passé 6 jours à Tahiti, hébergé chez des amis à Faaa. 
Je n’ai pratiquement rien reconnu de ce que j’avais connu en 1976, la ville de Papeete est immense, des 2x2 voies la parcourent, le front de mer de mer est méconnaissable. D’immenses bouchons se produisent matin et soir sur la voie rapide de Punaauia. La circulation en ville est plutôt compliquée et bien loin de la douceur Polynésienne que l’on imagine. Les enseignes du commerce mondialisé sont bien présentes elles aussi. Ce qui n'a pas changé c’est la gentillesse et l’accueil des Tahitiens. Le sourire est sur tous les visages ici, on se dit bonjour (Ia Orana). J’ai retrouvé un lieu qui n’a pas changé, le restaurant "La petite auberge", je suis passé devant par hasard, aussitôt j'ai reconnu ce sympathique restaurant où j'aimais venir avec mes amis. Je suis entré pour dire bonjour et prendre des nouvelles du lieu, le chef avec qui j'ai évoqué mon souvenir nostalgique du temps où je venais ici m'a invité à venir y déjeuner un midi pendant mon séjour à Tahiti, il n'est plus le chef de l'époque mais il nous a reçu avec une si grande gentillesse.


La petite auberge
Nous avons visité Le Musée de Tahiti et des Îles à Punaauia, un magnifique musée sur l'histoire de la Polynésie, son peuplement. Une visite incontournable pour comprendre ce qui fait le ciment de cette fantastique civilisation. Le musée nous montre les embarcations utilisées pour cette conquête de l’océan Pacifique car c'est bien par la mer que ces valeureux marins ont peuplé les îles de ce qui est devenu la Polynésie. 
C'est sur des pirogues de ce genre le les anciens on peuplé la polynésie
On situe le début de la migration à environ 5000 ans au départ de l'île de Taiwan et le début peuplement de la Polynésie à environ 2000 ans en commençant par les îles Marquises et les îles de la Société (Tahiti...) pour se terminer il y a environ 1100 ans par Hawai'i, l'île de Pâques (Rapa Nui) et la Nouvelle Zélande (Aotearoa). Les anciens navigateurs avaient une grande connaissance du ciel, des étoiles, les vents, les oiseaux, la houle, l'odeur de la terre, des îles, les nuages, la couleur des eaux, les poissons qui y vivent et aussi et surtout les récits des anciens. Pour résumer, les anciens navigateurs avaient une science du ciel, une science de la mer, une science du vent, une science du vivant  et une mémoire collective exceptionnelle.
La découverte de la Polynésie par les navigateurs européens s'est produite pendant le XVII siècle et la véritable colonisation au XIX siècle principalement par les Anglais et les Français.
Une des raisons qui a poussé les Anglais et les Français à prendre possession de ce paradis a été la chasse à la baleine dont le révolution industrielle avait besoin de son huile pour faire avancer le progrès. 
Avant les Européens, la baleine était un être sacréDans la plupart des cultures polynésiennes :la baleine est un être de mana, une présence ancestraleelle est associée à la navigation, aux esprits, aux origines elle n’est pas chassée systématiquement sa venue est un signe, un événement
La baleine n’est pas une ressource : c’est une présence cosmique.
Les européens ont également implanté leurs religions, le protestantisme et le catholicisme. Elle ont remplacé Taʻaroa : le dieu primordial, présent avant toute chose. C'est lui qui dans la cosmologie polynésienne a créé le monde, il n'est pas seulement un dieu, il est la matière du monde, son architecte et son origine. La façon dont la cosmologie décrit l'origine du monde me fait fortement penser au Big Bang : 
Taʻaroa était seul, enfermé dans une coquille nommée Rumia. Il n’y avait ni ciel, ni terre, ni mer, ni lumière. Il se développa sans père ni mère, auto-engendré. Il finit par briser sa coquille, créant le ciel, la terre et les éléments à partir de son propre corps.
Les religions chrétiennes importées de force par les colons ont voulu invisibiliser les "croyances anciennes", elle y ont en partie réussi, les Polynésiens sont très croyants, on trouve une quantité d'églises et de temples, mais ils ont aussi une spiritualité ancestrale toujours vivante : respect des ancêtres, mana, tapu, et présence du sacré dans la nature. Cette double appartenance est la réalité profonde de la Polynésie contemporaine.

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